Partager l'article ! alvaro uribe lié au trafic de cocaine: Alvaro Uribe est lié au trafic de cocaïne en colombie Le Droïde Enchainé | 04/03/2008 ...
Le Droïde Enchainé | 04/03/2008
Contre les extraditions
Rédigé en 1991, mais tenu secret jusqu’en mai dernier, le rapport dresse la liste d’une centaine de personnes qui seraient liées au trafic de cocaïne. Le futur président colombien y figure en 82eplace en ces termes peu ambigus : « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dans la collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveaux gouvernementaux » ! Selon les limiers du DIA, cet « ami proche » de Pablo Escobar aurait non seulement « travaillé » pour son Cartel, mais aurait aussi été « lié » à une « entreprise impliquée dans le narcotrafic aux USA ». La note rappelle d’ailleurs que le jeune et prometteur sénateur était alors un farouche adversaire du traité d’extradition antidrogue que la Colombie s’apprêtait à signer avec Washington. Last but not least, le rapport disqualifie la tant vantée épopée familiale, selon laquelle Alfredo Uribe, père d’Alvaro et grand propriétaire terrien disparu en juin 1983, aurait été tué en résistant à une tentative d’enlèvement par la guérilla des FARC. Le document de la DIA soutient en effet qu’Alfredo Uribe a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ».
Maigre consolation, le président colombien figure en fort bonne compagnie sur la liste étasunienne, puisque, outre Pablo Escobar et ses hommes de main, on y trouve des politiciens, des avocats, des hommes d’affaires, le Cubain de Miami Leonel Martinez, deux membres de l’ETA, quelques guérilleros et « paras » colombiens, un insurgé péruvien, le chanteur Carlos Vives et l’ex-président panaméen Manuel Noriega !
Démentis
La présidence colombienne a immédiatement réagi à la publication du document par Newsweek, estimant que ces accusations étaient anciennes et que M.Uribe les avait déjà démenties lors de sa campagne électorale victorieuse de 2002. Bogotá indique en outre « étudier » l’opportunité d’une plainte contre l’hebdo étasunien.
Sur le fond, toutefois, la présidence s’est contentée de réitérer sa version de la mort d’Alfredo Uribe et de souligner que jamais la Colombie n’avait extradé autant de narcotrafiquants vers les USA que sous la présidence d’Alvaro Uribe. Celui-ci a d’ailleurs reçu le soutien sans réserve de Washington, qui souligne la « bonne coopération » antidrogue des autorités colombiennes. Et s’il a authentifié le document de la DIA, le Pentagone a averti que cette note contenait « de l’information brute non encore évaluée ». Une version accréditée par la presse colombienne, qui a relevé quelques inexactitudes manifestes dans le document.
« Exact à 95% »
Interrogé par Radio Caracol, Joseph Contreras, l’auteur de l’article, s’est dit « surpris » qu’Alvaro Uribe n’ait même pas voulu contester ses présumés liens avec le Cartel et surtout avec son parrain. S’il a admis que le document de la DIA contient effectivement des erreurs factuelles, le journaliste assure avoir « vérifié minutieusement » son contenu et affirme que « 95% ou 96% » de son contenu est avéré. Auteur d’un récent livre-enquête sur le président colombien, Joseph Contreras a aussi rappelé que l’amitié de Pablo Escobar pour le père d’Alvaro Uribe était de notoriété publique, le parrain de Medellin ayant affrété un hélicoptère et publié divers encarts dans la presse lors de l’enterrement du latifundiste.
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